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Chaux éteinte

Hydroxyde de calcium pour le contrôle du pH en traitement des eaux, la capture des acides dans les fumées et le liant des mortiers.

Ca(OH)₂


Aperçu

La chaux éteinte est de l'hydroxyde de calcium (Ca(OH)₂) obtenu en éteignant la chaux vive avec une quantité d'eau maîtrisée. L'EN 459-1 la classe parmi les chaux aériennes en CL 90-S : poudre hydratée sèche à CaO+MgO ≥ 90 %. Elle se dose sèche directement dans le procédé ou se prépare en lait de chaux.

Ce qui décide de la performance n'est pas le taux de Ca(OH)₂ mais la part de cet hydroxyde réellement accessible à la réaction. Deux lots titrant tous deux 92 % se comportent très différemment en injection de sorbant sec selon que leur surface spécifique BET vaut 18 m²/g ou 40 m²/g. Le choix face à la chaux vive découle de même de la présence ou non d'une unité d'extinction, pas de la pureté.

Cette page décrit le produit par son comportement dans quatre procédés plutôt que par un certificat : pH et précipitation en milieu aqueux, captation acide en gaz chaud, rétention d'eau et ouvrabilité en mortier, liaison bitume-granulat en enrobé. Les quatre appellent quatre spécifications différentes du même produit.

Caractéristiques techniques

  • Formule chimique

    Ca(OH)₂

    Hydroxyde de calcium

  • N° CAS / CE

    1305-62-0 / 215-137-3

    Enregistré REACH

  • Classe

    CL 90-S

    Chaux aérienne hydratée — EN 459-1

  • Teneur en Ca(OH)₂

    ≥ 92 %

    Déterminée selon EN 459-2

  • CaO + MgO

    ≥ 90 %

    Limite CL 90 de l'EN 459-1

  • CO₂

    ≤ 4 %

    EN 459-1 — indicateur de carbonatation

  • SO₃

    ≤ 2 %

    EN 459-1

  • Humidité libre

    ≤ 2 %

    Déterminante pour l'écoulement et le mottage

  • Finesse — refus à 0,090 mm

    ≤ 7 %

    EN 459-2

  • Surface spécifique BET

    18–22 / 35–45 m²/g

    Type standard / haute surface

  • Masse volumique apparente

    350–450 / 500–650 kg/m³

    Aérée / tassée

  • Solubilité et pH

    1,73 g/L (20 °C) — pH 12,4

    Rétrograde : diminue avec la température

Points clés

  • Teneur en Ca(OH)₂ et surface BET sont rapportées ensemble pour le même lot — une pureté élevée associée à une faible surface abaisse le rendement du sorbant sec.

  • La CL 90-S standard et la qualité haute surface (≥ 35 m²/g) sont stockées séparément : un conduit de fumées et un mortier de maçonnerie ne demandent pas le même produit.

  • L'humidité libre est tenue à ≤ 2 % ; la dérive de ce seul chiffre est la cause de terrain la plus fréquente de voûtage en silo et de bouchage d'extracteur.

  • La limite CO₂ ≤ 4 % décrit la valeur au départ usine ; la date de production du lot figure sur le bon de livraison, la marge de carbonatation devient donc une donnée et non une estimation.

  • Camion-citerne, big bag et sac de 25 kg partent du même lot — changer de conditionnement n'est pas changer de spécification.

  • Échantillonnage, analyse de lot selon EN 459-2 et accompagnement au réglage du dosage à la mise en service sont fournis avec le produit.

Utilisation

Teneur en Ca(OH)₂ et surface spécifique ne répondent pas à la même question

La teneur en Ca(OH)₂ répond à « combien de grammes de matière active ». La surface spécifique BET et le volume poreux répondent à « à quelle vitesse cette matière est-elle atteinte ». Un hydrate standard se situe typiquement à 18–22 m²/g ; les qualités haute surface montent à 35–45 m²/g avec un volume poreux supérieur à 0,1 cm³/g.

L'écart se révèle partout où le temps de contact est court. Dans un conduit de fumées, le sorbant côtoie le gaz une à deux secondes ; ce qui réagit dans cette fenêtre est l'écorce de la particule, le cœur part au filtre sans avoir servi. En doublant la surface, le rendement d'abattement progresse nettement à rapport stœchiométrique identique.

En milieu aqueux à long temps de contact, la relation s'inverse. Un bac de lait de chaux agite pendant des minutes et la particule a le temps de se dissoudre entièrement ; l'écart de surface y est largement gommé et ce sont l'insoluble et la granulométrie qui décident. Il n'existe pas « une meilleure chaux », seulement la meilleure pour un procédé donné.

En fumées, la dose est fixée par l'écart à la saturation, pas par la stœchiométrie

L'injection de sorbant sec part d'un rapport théorique Ca/S, ou Ca/(S+2Cl) lorsque tous les gaz acides sont comptés. En pratique on travaille entre 1,5 et 2,5. Cet excès relève de la physique et non de la chimie : la réaction a lieu à l'interface gaz-solide et seule une part limitée du gaz acide atteint l'intérieur de la particule.

Le vrai levier est thermique. En ramenant l'écart à la température de saturation à 15–20 °C, un film d'humidité de quelques molécules d'épaisseur se forme en surface et la capture de HCl et de SO₂ bondit. Dans les installations de traitement des fumées, il est courant d'ajouter un refroidissement de conduit et de réduire la dose d'un tiers avec le même sorbant.

La limite est posée par le filtre à manches : si le film d'humidité s'épaissit, le gâteau colle, la perte de charge grimpe et la fréquence de décolmatage augmente. D'où une fenêtre de marche typique de 140–180 °C, et un choix de sorbant fait avec elle — optimiser la dose sans observer le filtre est un travail à moitié fait.

Lait de chaux, eau de chaux saturée ou dosage sec

La solubilité de Ca(OH)₂ dans l'eau n'est que de 1,73 g/L à 20 °C, et elle diminue au lieu d'augmenter avec la température. Cette solubilité rétrograde a deux conséquences : l'alcalinité que peut transporter l'eau de chaux saturée est faible, et la chaux dissoute reprécipite en tartre partout où les lignes s'échauffent.

C'est pourquoi le traitement des eaux et des eaux usées fonctionne en pratique avec un lait de chaux à 5–20 % de matière sèche ; ce qui circule est une suspension, pas une solution. Le choix de la concentration est hydraulique et non chimique : au-delà de 20 % la suspension devient abrasive et colmatante, en dessous de 5 % elle gonfle inutilement les volumes de stockage et d'agitation.

Les saturateurs produisant de l'eau de chaux saturée restent préférés en reminéralisation d'eau potable et sur les points de dosage à faible débit. Avantage : une solution limpide qui ne bouche pas et un dosage fin ; inconvénient : un encombrement important et une capacité limitée. Le débit et le gain d'alcalinité visé tranchent.

Dans le mortier, le rôle de la chaux est le comportement, pas la liaison

On ajoute de la CL 90-S au mortier de ciment non pour gagner en résistance ; l'apport mécanique de la chaux est limité et lent. La chaux modifie la rétention d'eau et l'ouvrabilité du mortier frais : posé sur une brique absorbante, un béton cellulaire ou un bloc sec, le mortier ne cède pas son eau d'un coup, l'hydratation du ciment n'est pas interrompue et l'adhérence tient.

À l'état durci, deux propriétés ressortent : la perméabilité à la vapeur et l'autocicatrisation. Le mortier de chaux carbonate au contact du CO₂ atmosphérique sur les lèvres des fissures et referme seul les microfissures. C'est pourquoi la restauration, côté matériaux de construction, privilégie la chaux : laisser un mur ancien gérer son équilibre hydrique vaut mieux que l'enfermer sous un enduit ciment.

Le mélange typique est 1:1:6 en volume (ciment:chaux:sable). Augmenter la part de chaux améliore l'ouvrabilité et la rétention d'eau mais abaisse la résistance au jeune âge et modifie le retrait. Le bon dosage est fixé par l'absorption du support et la classe d'exposition, pas par une fiche produit.

Pourquoi la chaux tient plus longtemps qu'un dope liquide

Le désenrobage est la séparation du film de bitume de la surface du granulat sous l'action de l'eau ; il est le plus marqué sur les granulats siliceux et acides. Appliquée au granulat à 1–1,5 % de la masse sèche, la chaux éteinte permet aux ions Ca²⁺ de se lier aux acides carboxyliques du bitume ; le bitume qui aurait décroché est ancré chimiquement.

Les dopes aminés liquides font le même travail chimiquement mais se dégradent avec le temps aux températures de stockage et de malaxage. La chaux, elle, ne se dégrade pas. Elle reste de plus dans le mastic comme filler : elle ralentit le vieillissement par oxydation du bitume et apporte de la résistance à l'orniérage. En voirie et enrobés, le TSR mesuré selon AASHTO T283 est typiquement porté au-dessus du seuil de 0,80.

Le mode d'application change le résultat. Saupoudrer de la chaux sèche sur un granulat sec est la voie la plus faible ; une partie de la poudre part à la cheminée sans jamais toucher une surface. Appliquer chaux sèche ou lait de chaux sur un granulat à environ 3 % d'humidité donne un enrobage nettement plus homogène — même dose, performance différente.

Quelle finesse convient à quel équipement

La chaux éteinte est une poudre fine, légère et cohésive. Sa masse volumique apparente est de 350–450 kg/m³ aérée et de 500–650 kg/m³ tassée. Dimensionner un silo sur la valeur aérée surestime la capacité de stock ; régler la pesée sur la valeur tassée introduit une erreur au remplissage. Les deux chiffres s'utilisent ensemble.

La cohésion est à l'origine des voûtages et des bouchages de ligne. Angle de cône, implantation des coussins de fluidisation, vibration et type d'extracteur se choisissent en bloc. Une humidité libre qui dépasse 2 % déclenche tous ces problèmes à la fois : l'humidité est donc un paramètre d'exploitation dans la spécification, pas une ligne cosmétique.

La finesse suit également l'équipement. L'injection de sorbant sec et le filler d'enrobé réclament la fraction fine ; en préparation de lait de chaux, une finesse excessive augmente la viscosité et la charge de pompe. Un refus ≤ 7 % à 0,090 mm constitue un compromis pratique, une bande plus étroite pouvant être définie pour les qualités spéciales.

La durée de conservation est gouvernée par le CO₂, pas par l'humidité

Une chaux éteinte laissée à l'air réagit avec le dioxyde de carbone et une couche de carbonate de calcium se forme en surface de grain. Cette couche consomme le Ca(OH)₂ actif et ferme en même temps l'accès à l'hydroxyde situé dessous. Une teneur en CO₂ qui monte n'est donc pas un simple indicateur d'impureté mais un indicateur direct de performance.

La limite CO₂ ≤ 4 % que l'EN 459-1 fixe pour la CL 90-S décrit la valeur au départ usine ; ce n'est pas une garantie illimitée sur site. En silo fermé ou en big bag scellé, 6 à 12 mois se passent sans difficulté en pratique ; un sac déchiré, une trappe de silo ouverte ou une palette exposée à la pluie ramènent ce délai à quelques semaines.

L'humidité est un problème distinct. La chaux éteinte ne réagit pas avec l'eau — elle est déjà hydratée — mais l'humidité provoque mottage et perte d'écoulement. Un produit motté ne se dose pas sans criblage et fait fluctuer le débit de l'extracteur. La règle de stockage est simple : fermé, sec, premier entré premier sorti.

Classification, valeurs limites et quel document est exigé où

Selon le CLP, Ca(OH)₂ est classée Irritation cutanée 2 (H315), Lésions oculaires graves 1 (H318) et toxicité pour organe cible, exposition unique STOT SE 3 (H335). Elle n'est ni inflammable ni explosive ; le risque réel est oculaire, car la solution saturée est à pH 12,4 et l'atteinte cornéenne évolue vite.

La valeur limite indicative d'exposition professionnelle de l'UE est de 1 mg/m³ pour la fraction alvéolaire (VME 8 h) et de 4 mg/m³ pour la fraction inhalable. Transfert confiné, aspiration localisée au point de remplissage et masque à filtre P2/P3 permettent en pratique de rester sous ces valeurs. Une douche oculaire a sa place dans la zone de dosage.

Le produit est enregistré au titre de REACH. Les applications eau potable exigent la conformité à l'EN 12518 (hydroxyde de calcium pour eau destinée à la consommation humaine) ; en agroalimentaire et sucrerie, la pureté additif E526 est un critère distinct, documenté à part. C'est le point d'usage, non le produit, qui décide du document requis ; notre équipe technique établit la liste correspondant à l'application.

Conditionnement et livraison

  • Camion-citerne — vrac

  • Benne — vrac

  • Big bag (1000 kg)

  • Sac (25 kg)

  • Vrac — camion-citerne, déchargement pneumatique (25–28 t)

  • Big bag 1000 kg — palettisé, doublure PE

  • Sac kraft 25 kg doublé PE — palettisé et housse étirable

  • La qualité haute surface part en lot séparé, valeur BET imprimée sur l'étiquette

  • Conditionnement et étiquetage spécifiques sur demande

Où ce produit est utilisé

Questions fréquentes

Que signifie concrètement l'écart entre CL 90-S et CL 80-S ?

Selon l'EN 459-1, la différence porte sur le minimum CaO+MgO : 90 % contre 80 %. Sur le terrain, cela représente environ 10 à 12 % de produit en plus pour le même pH ou le même abattement acide. La décision se prend non sur le prix à la tonne mais sur la somme surconsommation + transport + stockage + volume de boues généré.

Faut-il acheter de la chaux éteinte ou éteindre de la chaux vive sur site ?

Le seuil, c'est la consommation. Jusqu'à quelques centaines de tonnes par an, le produit hydraté est plus pratique : pas d'unité d'extinction, pas de maîtrise thermique, pas de maintenance supplémentaire. À forte consommation, l'extinction sur site abaisse le coût par unité de matière active, 1 kg de CaO valant environ 1,32 kg de Ca(OH)₂ — à condition que l'unité maîtrise chaleur et densité.

Quelle qualité choisir pour l'injection de sorbant sec ?

La qualité haute surface, BET ≥ 35 m²/g. Atteindre le même rendement avec un hydrate standard demande typiquement 30 à 50 % de produit en plus. La bonne comparaison ne porte pas sur le seul prix du sorbant mais sur le coût du sorbant additionné du coût d'élimination des produits de réaction générés.

Comment limiter l'entartrage des lignes de lait de chaux ?

Ca(OH)₂ présente une solubilité rétrograde : la chaux dissoute reprécipite en tartre dès que les lignes s'échauffent. Maintenir une température basse, supprimer les bras morts, agiter en continu et rincer régulièrement à l'eau sont les mesures de base. Pour le tartre installé, prévoir un lavage acide dilué périodique.

Comment savoir si une chaux stockée est encore utilisable ?

La voie fiable est le dosage de Ca(OH)₂ et de CO₂ selon l'EN 459-2. Indicateur rapide de terrain : si le produit a formé des mottes dures et que le pH d'une suspension saturée est nettement inférieur à 12,4, la carbonatation a progressé. Une hausse du refus au tamis va dans le même sens.

La chaux éteinte convient-elle au traitement de sol ?

Oui, mais elle ne fait pas le même travail que la chaux vive. CaO consomme de l'eau en s'éteignant et abaisse la teneur en eau du sol ; Ca(OH)₂ non, elle assure seulement l'échange cationique et la réaction pouzzolanique. En amélioration de sol, on la préfère lorsque l'humidité est déjà adaptée et, en lait de chaux, à proximité de l'habitat où la maîtrise des poussières compte.

Quels documents sont exigés pour l'eau potable ?

La conformité à l'EN 12518 est le point essentiel : la norme fixe pureté et limites en métaux lourds pour l'hydroxyde de calcium destiné à l'eau de consommation humaine. Analyse par lot et traçabilité sont attendues. La réglementation locale peut ajouter son propre agrément — le clarifier en début de projet fait gagner du temps à la mise en service.

Quelle dose et quelles précautions en bâtiment d'élevage ?

En élevage et désinfection, l'usage courant est un épandage sec de 200–400 g/m² sur sol nettoyé ; le pH élevé abaisse la charge pathogène. Appliquer animaux sortis et laisser le bâtiment fermé jusqu'à retombée des poussières. En bovin laitier, attendre le séchage complet avant paillage pour préserver la santé mammaire.

Faut-il calculer la dose en Ca(OH)₂ ou en équivalent CaO ?

Indiquez explicitement la base dans le contrat et dans la formulation. Le facteur de conversion est 1,32 : 1 kg de CaO équivaut à 1,32 kg de Ca(OH)₂. Quand un interlocuteur raisonne en CaO et l'autre en Ca(OH)₂, une erreur systématique de dosage de 32 % s'installe et passe généralement inaperçue pendant des mois.

Le conditionnement change-t-il la spécification ?

Non ; vrac, big bag et sac de 25 kg partent du même lot et portent le même rapport d'analyse. La différence est opérationnelle : la livraison en vrac apporte aération et légère ségrégation pendant le transport pneumatique, le big bag convient aux consommations intermédiaires, le sac de 25 kg au chantier et aux petits points de dosage.

Échantillon et dosage pour ce procédé

Décrivez votre usage actuel et votre objectif ; notre équipe technique reviendra avec une spécification adaptée et un dosage de départ.