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Industrie du papier et de la cellulose
Caustification et cycle de la chaux dans le procédé kraft ; apport de blancheur et d'opacité comme charge et pigment de couchage.

Aperçu
Dans une usine de pâte kraft, la chaux se trouve à deux endroits avec deux identités distinctes. La première est la ligne de récupération chimique : la chaux n'y est pas un consommable mais le support d'une boucle fermée. Elle convertit le carbonate de sodium de la liqueur verte en soude, se transforme elle-même en carbonate de calcium, est recalcinée au four à chaux et revient dans la boucle. La seconde est le papier lui-même : le carbonate de calcium remplace la fibre comme charge et pigment de couchage, et porte l'opacité et la blancheur de la feuille.
Ces deux identités cohabitent dans la même usine sans partager la même spécification. Ce que la ligne de récupération demande à la chaux, c'est une réactivité élevée, une faible charge inerte et des boues de chaux qui décantent et filtrent ; la blancheur ISO n'y signifie rien. Ce que l'on demande au carbonate de charge, c'est la blancheur, une granulométrie resserrée et une faible abrasivité ; la réactivité y est un défaut. Deux matières de même formule chimique sont deux décisions d'achat totalement indépendantes.
Cette page traite la chaux en papeterie comme une variable d'exploitation : pourquoi le rendement de caustification présente un maximum, pourquoi la filtrabilité des boues de chaux se dégrade silencieusement sur plusieurs mois, quelle ligne d'analyse décide du choix de la chaux d'appoint, et ce qui limite réellement le taux de charge. Le détail produit figure sur la page chaux vive pour l'appoint et sur carbonate de calcium naturel pour la charge et le couchage.
Ce que la boucle chaux fermée accumule
À première vue, la boucle chaux fermée n'a que des avantages : la chaux est réutilisée en continu et le poste d'achat reste modeste. Mais comme toute boucle fermée, elle accumule. Les éléments non procédés introduits par le bois, la liqueur verte, l'appoint chimique et les eaux de lavage — phosphore, magnésium, silicium, aluminium, manganèse — ne quittent pas la phase chaux d'eux-mêmes. Il s'en dépose un peu plus à chaque tour ; une chaux entrée à 92 % de CaO disponible devient, quelques mois plus tard, une matière qui circule à 80–84 % de CaO disponible, et le four n'y est pour rien.
La mesure la plus trompeuse est le rendement de caustification. Quand la charge de chaux augmente, le rendement monte jusqu'à un point, plafonne, puis redescend : la chaux excédentaire ne déplace pas l'équilibre de caustification, elle ne fait qu'accroître la chaux libre dans les boues. Si le poste lit un chiffre isolé comme « le rendement baisse, donc il manque de la chaux » et augmente encore la charge, le surchaulage commence. À ce stade, le laboratoire peut encore annoncer un rendement acceptable ; le problème se manifeste non pas au caustificateur mais au filtre et au four.
La filtrabilité des boues de chaux est le vrai goulot de la ligne, et pourtant on l'y cherche rarement comme cause racine. Le phosphore forme avec la chaux de l'hydroxyapatite, perturbe l'habitus cristallin du carbonate de calcium et donne une boue fine, gélatineuse, qui ne rend pas son eau. Lorsque la siccité du gâteau passe de 78 % à 68 %, environ 100 kg d'eau supplémentaires doivent être évaporés par tonne de boue enfournée — c'est directement une facture de combustible et une perte de capacité. Dans la plupart des usines on juge alors le four « trop petit » et on retouche le brûleur ; ce qui a changé, ce sont les boues.
Côté papier, le problème se joue sur un tout autre axe. Un taux de charge plus élevé achète de l'opacité et de la blancheur et remplace une fibre coûteuse par un minéral bon marché ; mais comme les points de liaison fibre-fibre se raréfient, les résistances à la déchirure et à l'éclatement chutent, et la demande en collage et en rétention augmente. De plus, le carbonate de calcium est instable en milieu acide : dès que le pH de partie humide descend sous 6,5 environ, le carbonate se dissout, le CO₂ libéré provoque mousse et micro-trous, et le taux de cendres baisse. Le choix du taux de charge n'est donc pas un calcul de coût mais une décision sur toute la chimie de partie humide.
Quelle chaux, à quelle spécification, à chaque maillon de la boucle
La chimie de la caustification tient en une ligne : Na₂CO₃ + Ca(OH)₂ → 2 NaOH + CaCO₃↓. Mais cette ligne cache deux étapes distinctes. La chaux vive est d'abord éteinte — CaO + H₂O → Ca(OH)₂, avec dégagement d'environ 1150 kJ par kg de CaO — et ce n'est qu'ensuite que la caustification se déroule. Plus l'extinction est rapide et complète, plus la réaction avance ; les grains grossiers qui passent non éteints dans le réacteur sont rejetés en grits et quittent la boucle en perte de chaux. C'est pourquoi la courbe de réactivité EN 459-2 du produit (t60 et élévation totale de température) doit correspondre au temps de séjour de l'extincteur ; un lot surcuit qui ne génère pas l'équivalent d'une chaux éteinte rapide peut doubler le taux de grits tout en portant le même certificat.
Pour la chaux d'appoint, le CaO disponible ne suffit pas comme critère. Puisque toute impureté entrée dans la boucle y reste, le profil analytique de l'appoint détermine la charge inerte qui s'accumulera pendant des mois. Les lignes qui comptent en pratique sont : P₂O₅ ≤ 0,05 % (filtrabilité des boues), MgO ≤ 1,5 % (volume et viscosité des boues), SiO₂ + Al₂O₃ ≤ 1,5 % (phase fondue et anneaux au four), perte au feu ≤ 3 % (indice de calcination incomplète) et t60 de 1 à 4 minutes (vitesse d'extinction). Une chaux bon marché défaillante sur l'une de ces cinq lignes coûtera, en quelques mois, bien plus que l'écart de prix en combustible de four et en production perdue.
Côté liqueur verte, le travail commence avant la caustification. La liqueur verte sortant du dissolveur transporte des solides insolubles appelés dregs — sulfure de fer, carbone, silicates, composés de manganèse. Si ces solides ne sont pas retirés au clarificateur ou au filtre à liqueur verte, ils entrent au caustificateur, se mêlent aux boues de chaux, partent au four et deviennent des inertes permanents dans la boucle. Lorsque les MES de la liqueur verte ne sont pas tenues entre 20 et 50 mg/L, tous les indicateurs aval — rendement de caustification, siccité du gâteau, rendement du four — dérivent ensemble et lentement ; comme aucun n'alarme seul, la dérive est généralement repérée des mois plus tard.
Le four à chaux referme la boucle, et l'objectif n'y est pas « le plus chaud possible ». Le CO₂ résiduel doit descendre sous 1,5 %, mais une surcuisson referme la porosité de la chaux, réduit la surface spécifique et génère des grits à l'extinction. Le four travaille donc dans une fenêtre étroite entre CO₂ résiduel et réactivité, et la position de cette fenêtre se déplace avec la siccité des boues entrantes. Les fumées du four transportent à la fois du CO₂ et des composés soufrés réduits ; la logique du traitement des fumées s'applique telle quelle à l'épuration de ce flux, et ce même gaz alimente le réacteur de carbonatation d'une unité PCC satellite.
Le carbonate qui entre dans le papier lui-même relève d'un autre monde. Le carbonate de calcium précipité (PCC) est obtenu par carbonatation contrôlée ; son habitus scalénoédrique donne un fort coefficient de diffusion de la lumière, d'où l'opacité la plus élevée par unité de grammage et un gain de main. Le carbonate de calcium naturel broyé (GCC) offre une granulométrie resserrée et ajustable, une faible abrasivité et la possibilité d'être livré en suspension à 75–78 % de matière sèche ; il est privilégié au couchage pour le lissé et le brillant. Le choix ne se fait pas sur un chiffre de blancheur mais sur le triangle opacité–résistance–coût et sur le système de rétention de la machine.
Plages de fonctionnement
| Paramètre | Valeur | |
|---|---|---|
| TTA liqueur verte | 110–130 g/L | En Na₂O |
| MES liqueur verte | 20–50 mg/L | Après retrait des dregs |
| Sulfidité | 25–35 % | Sur alcali actif |
| Rendement de caustification | 78–85 % | NaOH / (NaOH + Na₂CO₃) |
| Charge de chaux CaO/Na₂CO₃ | 1,05–1,15 mol/mol | Sur CaO disponible |
| Température d'extinction | 95–103 °C | Par chaleur de réaction |
| Temps de séjour caustification | 90–150 min | 3–4 réacteurs en série |
| Zone de cuisson du four | 1150–1250 °C | Four rotatif |
| CO₂ résiduel chaux recuite | ≤ 1,5 % | Équilibré face à la surcuisson |
| CaO disponible chaux d'appoint | ≥ 92 % | EN 459-2, titrage au saccharose |
| P₂O₅ dans la chaux d'appoint | ≤ 0,05 % | Filtrabilité des boues |
| Siccité du gâteau de boues | 70–80 % | Filtre à vide / à disques |
TTA liqueur verte
110–130 g/L
En Na₂O
MES liqueur verte
20–50 mg/L
Après retrait des dregs
Sulfidité
25–35 %
Sur alcali actif
Rendement de caustification
78–85 %
NaOH / (NaOH + Na₂CO₃)
Charge de chaux CaO/Na₂CO₃
1,05–1,15 mol/mol
Sur CaO disponible
Température d'extinction
95–103 °C
Par chaleur de réaction
Temps de séjour caustification
90–150 min
3–4 réacteurs en série
Zone de cuisson du four
1150–1250 °C
Four rotatif
CO₂ résiduel chaux recuite
≤ 1,5 %
Équilibré face à la surcuisson
CaO disponible chaux d'appoint
≥ 92 %
EN 459-2, titrage au saccharose
P₂O₅ dans la chaux d'appoint
≤ 0,05 %
Filtrabilité des boues
Siccité du gâteau de boues
70–80 %
Filtre à vide / à disques
Étapes d'application
- 01
Préparation de la liqueur verte et retrait des dregs
La masse fondue issue de la chaudière de récupération est dissoute dans la liqueur de lavage faible pour former la liqueur verte. Trois grandeurs mesurées ici commandent toute la ligne : l'alcali total titrable (TTA, 110–130 g/L en Na₂O), la sulfidité (25–35 %) et la densité. Un TTA trop élevé surcharge le caustificateur et fait chuter le rendement ; trop bas, la liqueur blanche envoyée au lessiveur est faible et l'indice kappa visé n'est pas tenu.
Le retrait des dregs est le vrai travail de cette étape. En sortie de clarificateur ou de filtre à liqueur verte, les MES doivent être ramenées à 20–50 mg/L. Chaque journée d'exploitation au-dessus de cette limite revient à charger la boucle en inertes de façon permanente. Les dregs séparés sont lavés à contre-courant et sortis du cycle ; l'eau de lavage retourne à la ligne de liqueur faible, ce qui borne la perte d'alcali.
Une erreur fréquente sur le terrain consiste à surveiller le filtre à dregs au seul critère « est-ce que ça a l'air limpide ». La liqueur verte est foncée par nature ; l'œil ne distingue pas 30 mg/L de 300 mg/L. La limpidité doit être suivie par une mesure régulière des MES, et le régime de précouche ainsi que la fréquence de lavage réglés sur ce chiffre.
- 02
Extinction et séparation des grits
Dans l'extincteur, le CaO réagit avec l'eau et la chaleur de réaction porte la température dans la plage 95–103 °C. Cette plage n'est pas arbitraire : plus bas, l'extinction ralentit et reste incomplète ; trop près de l'ébullition, on s'expose aux retours de vapeur et aux débordements. La courbe de montée en température est l'indicateur le plus pratique de la réactivité du lot livré — elle dit comment il se comportera sans attendre le t60 du laboratoire.
Un temps de séjour de 20 à 30 minutes est typique. Pendant ce temps, les grains grossiers non éteints, le sable et les fragments inertes sont rejetés par le classificateur à grits. Le taux de grits est un indicateur de santé de l'installation : sur une ligne normale il vaut 1–3 % de la charge de chaux. Au-dessus de 5 %, soit la chaux livrée est surcuite, soit sa coupure supérieure est trop grossière pour le temps de séjour ; la troisième possibilité est une eau d'extinction trop froide.
Les grits ne sont pas qu'un poste de perte. La chaux libre qu'ils contiennent réagit avec l'eau là où ils sont déposés, s'échauffe et génère des poussières. La conception de la ligne grits est donc à la fois une question de bilan matière et de sécurité ; convoyage fermé, trempe humide et élimination contrôlée sont la règle.
- 03
Étages de caustification et tracé de la courbe de rendement
La caustification se fait généralement dans 3 à 4 réacteurs en série, avec un temps de séjour total de 90 à 150 minutes. À l'approche de l'équilibre, la vitesse chute ; le rendement gagné dans les derniers étages est faible, mais il compte pour la maturation cristalline des boues de chaux. Raccourcir ce temps ne coûte qu'un ou deux points de rendement, tandis que la filtrabilité se dégrade visiblement — le vrai prix se paie en siccité de gâteau, pas en rendement.
La charge de chaux se règle à 1,05–1,15 mol/mol vis-à-vis du Na₂CO₃, calculée sur le CaO disponible. La seule façon fiable de trouver le bon point est de faire varier la charge par paliers à composition de liqueur verte constante, en mesurant le rendement conjointement avec la vitesse de décantation des boues et la siccité du gâteau. On repère ainsi le sommet de la courbe et de quel côté on travaille ; un chiffre de rendement isolé ne portera jamais cette information.
Le rendement dépend non seulement de la charge mais aussi de la température de la liqueur verte, de son TTA et de sa sulfidité. Un TTA élevé donne un rendement plus faible à charge identique — cela ne veut pas dire que la chaux est mauvaise. Le rendement doit donc toujours être rapporté avec le TTA, la température et la sulfidité, et les comparaisons entre postes faites à ces trois valeurs constantes.
- 04
Clarification de la liqueur blanche, lavage et filtration des boues
La suspension sortant du caustificateur est séparée en liqueur blanche et boues de chaux. Les MES de la liqueur blanche affectent directement la qualité des réactifs envoyés au lessiveur ; les lignes modernes à filtres à disques sous pression descendent sous 10 mg/L, là où les clarificateurs classiques restent plusieurs fois au-dessus.
Les boues de chaux sont lavées à contre-courant pour récupérer les composés sodiques qu'elles retiennent. Un lavage insuffisant se paie deux fois : en perte d'alcali, et par les anneaux et boulettes que le sodium déclenche au four. L'eau de lavage revient dans la boucle en liqueur faible ; le bilan hydrique global de l'usine, les condensats et les surplus se construisent avec la logique employée en traitement des eaux et des eaux usées.
La siccité du gâteau est l'indicateur de sortie de cette étape et doit se tenir entre 70 et 80 %. Une baisse de siccité tient presque toujours aux boues elles-mêmes : surchaulage, charge croissante en phosphore ou temps de caustification raccourci. Changer la toile filtrante ne corrige aucune des trois causes ; cela ne fait que différer le symptôme de quelques semaines.
- 05
Le four à chaux : degré de calcination et maîtrise des anneaux
Dans le four rotatif, les boues sont séchées, chauffées et recalcinées dans une zone de cuisson à 1150–1250 °C. L'objectif est de descendre le CO₂ résiduel sous 1,5 % tout en préservant la porosité de la chaux. Une chaux surcuite se densifie, perd de la surface spécifique et devient paresseuse à l'extinction ; une chaux sous-cuite ne participe pas du tout à la caustification et retourne aux boues, circulant en charge morte.
La formation d'anneaux et de boulettes est la panne la plus coûteuse du four. Ses déclencheurs sont connus : sodium dans des boues mal lavées, chaux libre restée dans les boues, forte charge en SiO₂ et Al₂O₃, humidité d'alimentation fluctuante. Aucun des quatre ne se décide dans le four : tous sont fixés en amont. Face à un problème d'anneaux, on lit d'abord les données de lavage et de charge de chaux, et l'on touche au brûleur en dernier.
Les fumées du four ne sont pas seulement un rejet mais une ressource : le CO₂ qu'elles transportent alimente le réacteur de carbonatation d'une unité PCC satellite et devient la matière première de la charge qui finit dans la feuille. Le volet poussières et soufre réduit du même flux est un problème classique d'épuration, résolu par la combinaison électrofiltre + laveur.
- 06
Choix de la chaux d'appoint et stratégie de purge des inertes
Grits, dregs, purge de boues et pertes inévitables font que la chaux d'appoint entre en continu, typiquement à hauteur de 5–15 % de la chaux en circulation. Ce flux est aussi le seul vrai moyen de diluer les inertes : plus l'appoint est propre, plus le niveau d'équilibre des impuretés dans la boucle est bas. La chaux d'appoint n'est donc pas un poste de « complément » mais un levier qui règle la chimie de tout le cycle.
L'appoint ne se choisit pas au seul prix. CaO disponible ≥ 92 %, P₂O₅ ≤ 0,05 %, MgO ≤ 1,5 %, SiO₂ + Al₂O₃ ≤ 1,5 %, perte au feu ≤ 3 % et réactivité rapide (t60 de 1 à 4 min) : voilà le profil recherché par une ligne kraft typique. Demander un certificat par lot ne suffit pas ; vérifier dans son propre laboratoire les premiers mois est le seul moyen de voir la distribution réelle d'un fournisseur et sa variabilité d'un lot à l'autre.
Deux points commandent le stockage : le CaO capte à la fois l'humidité et le CO₂ de l'air. Une chaux partiellement hydratée ou recarbonatée peut sortir du silo sans encombre et pourtant ne pas donner la courbe de température attendue à l'extinction, faisant grimper le taux de grits. Silos fermés, ventilation à air sec et rotation de stock raisonnable sont indispensables ; dans les magasins de produits emballés et de pièces détachées, le même problème se traite à une autre échelle par les méthodes du contrôle industriel de l'humidité.
- 07
Côté papier : choix du carbonate de charge et de couchage
Le choix de la charge se fait en lisant trois grandeurs à la fois : opacité visée, perte de résistance acceptable et charge en fines que le système de rétention peut supporter. Le taux de charge se situe entre 10 et 30 % de cendres dans la feuille. Grâce à la forte diffusion lumineuse du PCC, la même opacité s'obtient à taux de cendres plus faible, ce qui soulage directement le budget résistance et réduit la demande de collage.
Au couchage, c'est la raideur de la distribution granulométrique qui décide : 60–90 % en dessous de 2 µm est une plage typique, et plus la distribution est resserrée, meilleurs sont le lissé, le brillant et la réceptivité à l'encre. L'abrasivité est ici le coût caché ; un pigment à forte teneur en quartz résiduel raccourcit la durée de vie des lames et des toiles et reprend le gain à la tonne.
Sur une machine en collage alcalin (AKD/ASA), le pH de partie humide est tenu entre 7,5 et 8,5. En dessous, le carbonate commence à se dissoudre ; au-dessus, l'efficacité de collage et la rétention se dégradent. Des qualités du même carbonate précipité produites sous un autre régime de pureté servent du côté industrie chimique et pharmaceutique ; en papeterie, ce qui décide, c'est l'habitus cristallin et la distribution bien plus que la pureté.
Avant de passer à une nouvelle source de charge ou à un nouveau fournisseur de chaux d'appoint, il faut établir une référence avec les données actuelles de la ligne : cendres, opacité, résistances, rétention et taux de grits ; la comparaison n'a de sens qu'à ce prix. Pour les échantillons, les analyses et la planification d'un essai machine, l'équipe technique est joignable via la page contact.
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Questions fréquentes
Quand le rendement de caustification baisse, faut-il augmenter la charge de chaux ?
Pas systématiquement. La courbe rendement–charge présente un maximum ; si vous êtes à sa droite, augmenter la charge fait encore baisser le rendement et laisse de la chaux libre dans les boues. Vérifiez d'abord le TTA, la température et la sulfidité de la liqueur verte, puis effectuez un balayage de charge contrôlé pour situer votre point de fonctionnement.
Pourquoi la filtrabilité des boues de chaux baisse-t-elle avec le temps ?
La cause la plus fréquente est l'accumulation de phosphore dans la boucle ; il forme de l'hydroxyapatite avec la chaux, perturbe la structure cristalline du carbonate de calcium et donne une boue fine qui ne rend pas son eau. Le surchaulage et un temps de caustification raccourci produisent le même effet. Changer la toile filtrante repousse le symptôme sans supprimer la cause.
Quelle ligne d'analyse compte le plus pour la chaux d'appoint ?
Le CaO disponible est nécessaire mais insuffisant à lui seul. Les lignes qui laissent une trace permanente dans une boucle fermée sont P₂O₅, MgO et la somme SiO₂ + Al₂O₃ ; elles s'accumulent et restent des années dans le système. La réactivité (t60) vient ensuite, car elle commande directement la performance de l'extincteur et le taux de grits.
Pourquoi le CaO disponible de la chaux recuite est-il inférieur à celui de l'appoint ?
Parce que les boues de chaux ne sont pas du carbonate de calcium pur : elles contiennent des inertes accumulés, des composés sodiques résiduels du lavage et des résidus incomplètement calcinés. Même avec un four parfaitement réglé, la chaux en circulation se situe typiquement à 80–88 % de CaO disponible. Descendre sous cette plage signale en général une hausse de la charge inerte.
Qu'est-ce qui déclenche la formation d'anneaux au four à chaux ?
Quatre causes principales : le sodium de boues mal lavées, la chaux libre restée dans les boues, une forte charge silice-alumine et une humidité d'alimentation fluctuante. Les quatre sont fixées en amont du four. Avant de retoucher le brûleur, examinez le rendement de lavage, la siccité du gâteau et les données de charge de chaux.
Faut-il utiliser du PCC ou du GCC comme charge ?
Le PCC, par son habitus scalénoédrique, apporte plus d'opacité et de main par unité de grammage, et une unité satellite valorise en outre le CO₂ du four. Le GCC offre une granulométrie resserrée, une faible abrasivité et une livraison en suspension à haute matière sèche ; il est préféré au couchage pour la qualité de surface. La décision suit le triangle opacité–résistance–coût.
Comment compenser la perte de résistance quand le taux de charge augmente ?
La première étape est de régler ensemble la résine de résistance à sec et le programme de rétention. La seconde est de choisir une charge à plus fort pouvoir diffusant pour atteindre la même opacité à taux de cendres plus bas. Augmenter l'énergie de raffinage aide à court terme mais dégrade l'égouttage et la vitesse machine : ce n'est pas une réponse à soi seule.
Pourquoi le pH de partie humide ne doit-il pas descendre sous 7,5 ?
Le carbonate de calcium se dissout en milieu acide. Sous pH 6,5–7, la charge disparaît chimiquement, le CO₂ libéré provoque mousse et micro-trous, et les cendres comme l'opacité chutent. Les systèmes de collage alcalin sont conçus pour fonctionner entre 7,5 et 8,5 ; en dessous, on perd à la fois la charge et le collage.
Quel taux de perte en grits est normal et comment le réduire ?
De 1 à 3 % de la charge de chaux est typique. Au-delà, la cause est généralement une chaux surcuite, une coupure supérieure trop grossière, une eau d'extinction trop froide ou un temps de séjour trop court. Exiger du fournisseur une courbe de réactivité et une granulométrie, et tenir l'extincteur entre 95 et 103 °C, fait rapidement baisser le taux.
Pourquoi les dregs de liqueur verte doivent-ils impérativement sortir de la boucle ?
Les dregs transportent des composés de fer, de manganèse, des silicates et du carbone ; s'ils passent au caustificateur, ils rejoignent les boues de chaux, partent au four et deviennent des inertes permanents. Tenir les MES de liqueur verte entre 20 et 50 mg/L est l'intervention unitaire la moins chère qui conditionne la santé de la boucle à long terme.
Échantillon et dosage pour ce procédé
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